Association 14

Bouddha

Le jeune Prince Gautama avait tout pour être heureux.

Un père qui l'adorait, une épouse ravissante, un enfant bien-aimé, et il vivait dans les plaisirs à l'intérieur du palais et des jardins royaux. Le souverain avait ordonné qu'il soit entouré seulement de beauté et de jeunesse. Si une fleur menaçait de se faner, les serviteurs la faisaient disparaître pendant la nuit. Pour le Prince, il n'existait que la joie de vivre, hier, aujourd'hui, demain.

Mais par trois fois,Gautama demanda à voir de l'autre côté des murailles du parc. Et, trois fois, il vit le monde tel qu'il apparaît. Avec la vieillesse, avec la maladie, avec la mort. Ainsi, la jeunesse n'a qu'un temps, la santé ne dure pas toujours, et la vie n'est pas éternelle. Un bonheur dont l'autre face est la souffrance, ne pouvait plus satisfaire Gautama.

Il renonça à tout. Trône, femme, enfant pour chercher, jusqu'à ce qu'il le trouve, le secret d'une félicité éternelle, absolue, sans face négative, transcendant bonheur et malheur, bien et mal, vie et mort, oui et non. Et, le secret, Bouddha l'a découvert et l'a enseigné:
- Si l'homme est malheureux c'est qu'il veut l'être;
- S'il ne veut plus l'être, il peut cesser de l'être.

Chaque homme est responsable de sa souffrance. C'est la faute de l'homme s'il est malheureux alors que son état est vrai, son état naturel, c'est la paix. Il souffre parce qu'il n'a pas ce qu'il veut, ce qu'il désire. Il souffre parce que l'existence lui impose ce qu'il ne veut pas, ce qu'il refuse et ce qu'il craint. Et en quoi en est-il responsable? - En ce qu'il s'identifie à quelque chose ( ego) qui n'est pas vraiment lui, et qui est le centre et le support de la souffrance.

Arnaud Desjardins - Le message des Tibétains