Association 14

Moyens

Les moyens sont les "techniques" utiles pour distinguer l'égo et s'en garder (la prière et la méditation sont les moyens le plus connus, le détachement et la vigilance en sont deux autres très utiles).

 

"La prière consiste simplement à reproduire et à se rappeler un souvenir divin, et le souvenir divin ne peut faire autrement que reproduire un résultat divin. Autrement dit le prière reproduit la vérité et laisse la vérité exister telle qu'elle est. La prière peut le faire parce que c'est l'acte de choisir consciemment l'union. Choisir l'union te fait passer de l'état irréel de l'entre-deux à l'état réel de "tout". C'est seulement à l'intérieur d'un état réel que quoi que ce soit peut arriver en vérité.

La prière doit donc être redéfinie comme étant l'acte de choisir consciemment l'union…"

Les traités d'un Cours d'Amour Ch 6 p 244

Il y a de nombreuses années, je me suis rendu compte que je ne savais pas ce qu'était la prière, ni comment prier. On ne m'a jamais enseigné, et je n'ai jamais appris, à prier.

Voyant que les grands maîtres spirituels donnaient tant d'importance à la prière, je voulais découvrir par moi-même de quoi parlait la prière. Communion, présence, abandon, confiance, dépendance, intentions ... voilà quelques idées qui se sont présentées.


Dans les années qui ont suivi, j'ai commencé à expérimenter par moi-même le pouvoir de la prière. Surtout en présence de mes généreux maîtres, j'avais trouvé que beaucoup de mes prières avaient reçu une réponse, parfois instantanément ! Surtout avec patience et confiance, elles obtenaient une réponse lorsque le temps, les causes et les conditions étaient mûrs.


À titre d'exemple personnel, depuis plusieurs années, je demandais de l'aide pour accomplir une certaine pratique qui n'était pas proposée facilement. Je persistais à demander des conseils à mes maîtres. Pendant plusieurs années j'ai continué à rencontrer ce qui me semblait des impasses. Même aussi récemment que l'année dernière, j'étais vraiment découragé par le manque de soutien que je recevais. J'ai abandonné pendant un moment, mais heureusement pas pour longtemps. J'avais réussi à persévérer, à dépasser la déception. Alors voilà que, sans m'en apercevoir, mes prières ont été exaucées. J'ai reçu la clarté que je cherchais depuis plusieurs années. Je l'attribue à la grâce et à la bonté de mes maîtres qui me tiennent dans leurs prières et dans leurs esprits. Et moi, je les harcelais continuellement.


Beaucoup d'entre nous sont constamment confrontés à des tensions et des angoisses apparemment insurmontables, au désespoir et à l'insignifiance. Nous abandonnons, restons engourdis et nous absorbons nous-mêmes dans l'activité infinie et les distractions facilement disponibles pour nous. Ou nous nous mettons en colère et ripostons.

N'abandonnez jamais. Apprenez à prier. Apprenez à invoquer la sagesse, la compassion et le pouvoir des grands maîtres spirituels pour obtenir de l'aide. Allez vers eux et demandez leur de l'aide. Nous ne sommes jamais seuls dans le voyage de notre vie. Je me souviens toujours d'Orgyen Tobgyal Rinpoche disant "Croyez que les pratiques fonctionnent ! N'en doutez pas!"


Prier votre maître avec une confiance déterminée.


Quant à ses qualités, sa réalisation est aussi vaste que le ciel et sa connaissance et son amour sont aussi illimités que l'océan. Sa compassion est aussi puissante qu'un grand fleuve. Sa nature est aussi ferme que le mont Meru. Il est comme un père ou une mère pour tous les êtres, puisque son cœur est également partagé par tous. Chaque aspect individuel de chacune de ses qualités est incommensurable. Il est comme un joyau qui exauce les vœux. Vous avez seulement besoin de lui faire confiance et de le prier et quelles que soient les réalisations que vous recherchez, elles se produiront sans effort.


~ Patrul Rinpoche

 

L'étreinte

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Ton aspiration atteint maintenant son paroxysme ; c'est une brûlure dans ton cœur différente de ce que tu éprouvais auparavant. Ton cœur peut même avoir l'impression de s'étirer vers l'extérieur, de tendre vers le ciel, prêt à craquer dans son désir d'union, un désir que tu ne comprends pas mais que tu peux certes ressentir.

C'est un appel à entrer maintenant dans mon étreinte et à me laisser te consoler. Laisse couler tes larmes et laisse le poids de tes épaules reposer sur les miennes. Laisse-moi bercer ta tête contre ma poitrine tandis que je caresse tes cheveux et t'assure que tout ira bien. Réalise que c'est l'étreinte du monde entier, de l'univers, du tout en tout, dans laquelle tu existes littéralement. Ressens la douceur et l'amour. Abreuve-toi de sécurité et de repos. Ferme les yeux et mets-toi à voir avec une imagination qui dépasse la pensée et les mots.

Tu n'es plus l'objet regardant les sujets du royaume. Tu es le cœur du royaume. La beauté du royaume révélée. L'enfant bien-aimé nourri au sein de la reine mère la terre, enfant unique d'une mère unique, sans nom et au-delà de toute appellation. Aucun "je" ne réside ici. Tu as renoncé à la vision de tes yeux et au "je" de ton égo. Tu es dégagé de tes limites ; tu n'es plus une beauté, mais la beauté même.

La "choséité" est terminée et ton identité ne tient plus dans la forme, mais coule de la vie elle-même. Ta beauté est le rassemblement des atomes, l'ordre dans le chaos, le silence dans la solitude, la grâce du cosmos. Notre cœur est la lumière du monde.

Nous sommes un seul cœur.

Nous sommes un seul esprit…

Un Cours d'amour Ch. 20 p 159

 

LE MONDE RÉEL

Le monde réel tient la contrepartie de chaque pensée malheureuse reflétée dans ton monde ; il est  une  sûre correction pour les vues de la peur et les sons de bataille que ton monde contient.

Le monde réel montre un monde vu différemment, par des yeux tranquilles et l'esprit en paix.

Il n'y a là que le repos.

Il n'y a pas de cris de douleur et de chagrin qui y soient entendus, car il n'y a rien là qui reste en dehors du pardon.

Et les vues sont douces.

Seuls les vues et les sons heureux peuvent atteindre l'esprit qui s'est pardonné lui-même.

Livre d'exercices pour étudiants, juste avant la leçon 291. 

huit

 

1. Considérant tous les êtres

    Comme plus précieux qu'un joyau qui exauce tous les souhaits

    Pour accomplir le but ultime

    Je ne cesserai de les chérir.

2. Chaque fois que je me trouve en compagnie,

    Je me verrai comme le plus humble de tous,

    Et tenant les autres pour suprêmes,

    Je les chérirai du plus profond de mon cœur.

3. Dans tous les actes, j'observerai mon esprit

    Et, dès que surgissent les émotions destructrices,

    Je leur ferai face et les écarterai avec fermeté

    Car elles sont néfastes pour moi-même et pour autrui.

4. Quand je rencontre des personnes négatives

    Ou accablées par le poids des méfaits et de la souffrance,

    Je les tiendrai en grande estime,

    Comme si je découvrais un trésor rare et inestimable.

5. Quand, par envie, une personne me fait du tort,

    M'attaque ou me méprise,

    Je prendrai sur moi toute défaite

    Et leur offrirai toute victoire.

6. Même quand une personne que j'ai aidée,

    Ou en laquelle j'ai placé de grands espoirs,

    Me traite de façon très injuste,

    Je la verrai comme un véritable maitre spirituel.

7. En bref, directement ou indirectement,

    J'offrirai aide et bonheur à tous les êtres, mes mères,

    Et en mon for intérieur, je prendrai sur moi

    Tous leurs maux et toutes leurs souffrances.

8. J'apprendrai à préserver toutes ces pratiques

    Des souillures des huit préoccupations mondaines.

    Puissé-je reconnaître toutes choses comme illusoires

    Et, brisant la chaîne de l'attachement, me libérer de la servitude!

par Guéshé Langri Thangpa

 

Les Êtres de lumière : Ils sont en nous

"Lorsque nous vous disons que nous sommes aussi près de vous que votre propre souffle, nous voulons dire que nous sommes très souvent en vous. Pouvez-vous le comprendre ? Vous ne voyez de vous-mêmes qu'un corps physique et vous pensez : 'Comment mon guide peut-il demeurer en moi ?' Cependant il y a beaucoup de place en vous et nous venons souvent parler avec vous, être humain et conscience de troisième dimension non éveillée. Nous venons aussi très souvent parler à votre être Divin.

Nous vous guidons bien souvent depuis votre temple intérieur où nous nous trouvons mais parfois nous sommes aussi à l'extérieur. C'est pour cela que nous vous disons : Vous et nous ne faisons qu'un, nous sommes tout près de vous, tout près de votre Divinité. Vous en avez une conscience intellectuelle, mentale, mais pas réelle, physique, spirituelle.

Il y a parfois beaucoup de monde dans votre temple intérieur. Il y a l'essence première de ce que vous êtes, c'est-à-dire votre Divinité, il y a votre guide ou vos guides habituels et aussi tous ceux que vous invitez à votre insu et qui sont au centre de vous-mêmes. Concevez bien que nous sommes immatériels, inconsistants, par rapport à ce que vous êtes. Vous avez un volume, un corps, une matière, une forme, mais pas nous ! Nous sommes comme un petit microbe, nous sommes inexistants par rapport à la conscience que vous avez de l'existence et pourtant nous sommes une puissance au-delà de ce que votre imagination terrestre, mentale et intellectuelle peut envisager.

C'est ainsi que vous pouvez inviter au plus profond de vous-mêmes, dans votre temple intérieur, toute une assemblée qui va échanger, discuter de ce que vous êtes, de ce que vous allez devenir, de la prise de conscience que vous allez avoir. Au centre de vous-mêmes, il y a un temple qui peut accueillir de grands êtres, de très grandes âmes et vous n'ouvrez pas la porte pour les accueillir en conscience. Petit à petit, vous apprendrez à le faire et vous sentirez leur présence au plus profond de vous. Vous sentirez comme un immense Amour et vous direz à ce moment-là : 'Attendez-moi, je me joins à vous car je sais que vous parlez de moi. Moi aussi, je veux parler de moi avec vous, j'ai conscience de votre présence que j'honore et dont je suis infiniment heureuse, infiniment heureux'.

Nous vous proposons une autre approche de ce que nous sommes. Méditez sur cela et pendant vos méditations essayez de venir nous retrouver dans votre temple intérieur. Vous verrez l'immense Amour que vous y trouverez, les couleurs et la lumière indescriptibles que vous y découvrirez."

 

 

 

 

Qu’est-ce que cela veut dire « Se joindre avec Jésus ou le Saint-Esprit? » 

"Cela veut dire imaginer une présence qui ne pense pas comme vous, qui ne réagit pas comme vous, qui reste en quelque sorte en dehors de votre situation, qui peut vous aider à trouver une autre explication pour votre réaction négative, une explication qui n’est pas la même que la vôtre. Avec cette sagesse à côté de vous, vous changez votre perception de l’autre personne, vous laissez tomber votre énervement, votre jugement, et votre sentiment d’avoir été contrarié.

En bref, cela veut dire arrêter d’insister sur votre jugement.  Et si vous n’y arrivez pas, alors vouloir arrêter de juger. » La condition nécessaire de l’instant saint ne requiert pas que tu n’aies pas de pensées qui ne soient pures. Mais cela requiert que tu n’en aies aucune que tu veuilles garder. »  (T-15.IV.9:1-2)

Quand j’entends Mr Dupont, le serveur au café, faire une réflexion sur moi à un collègue, d’une façon à peine voilée pour que je l’entende, j’essaie immédiatement de vouloir trouver une autre façon de réagir, au lieu de me sentir attaqué et humilié dans ce lieu public. J’essaie de trouver une autre Sagesse qui n’est pas la mienne, parce que mon propre esprit va mal me guider dans cette situation. Une autre présence est là pour nous, assise juste à côté de nous au café, dans la voiture, à table à la maison, au bureau. Je veux me joindre avec la perception de cette présence aimante.  Quelle est cette perception ? Voilà la question que je dois me poser. Comment cette présence regardera cette personne ?

Cela veut dire aussi prendre du recul par rapport au problème, faire basculer mon attention vers un autre endroit dans mon esprit où je cherche une autre expérience plus calme, plus mature et sage, plus en retrait. Un endroit où je peux me poser cette question: est-ce que ma souffrance et ma réaction sont vraiment, vraiment justifiées par cette situation, ou bien est-ce que je ne pourrais pas être un peu plus heureux ici, malgré ce qui se passe?

Je fais cette démarche et je me pose ces questions en imaginant qu’il y a une véritable présence de sagesse, mature, intelligente et détachée, qui peut m’aider."

Bernard Groom Uncoursenmiraclesenfrance

 

 

 

meditation

Les textes de méditation enseignent neuf méthodes pour cultiver l'attention, établir l'esprit dans l'équanimité et le rendre plus stable. Rappelons que dans ce cas, la pleine conscience consiste à rester sans cesse attentif à l'objet de concentration choisi.

1) Concentrer l'esprit, même si ce n'est que "brièvement" au début, sur un objet, conformément aux instructions, en évitant qu'il ne se laisse entraîner par des images ou des pensées discursives.

2) Poser l'esprit "continuellement" sur cet objet, pendant une période de temps accrue, sans tomber dans la distraction. Pour y parvenir, il faut se rappeler très clairement les enseignements sur la façon de maintenir l'esprit concentré sur son support, les garder en mémoire, et les mettre en pratique avec soin. Si l'on applique ces instructions avec vigilance, on sera en mesure de reconnaître la distraction sur-le-champ.

3) Poser l'esprit " de façon répétée" en vérifiant à intervalles réguliers s'il demeure sur son objet et en l'y ramenant rapidement chaque fois que l'on s'aperçoit que la distraction
l'en a écarté. Pour cela, il faut reconnaître que l'esprit a été distrait, identifier l'émotion ou la pensée qui a provoqué cette distraction et mettre en oeuvre l'antidote approprié. Peu à peu, on devient capable de maintenir l'esprit calme et stable pendant de plus longues périodes de temps, tout en gardant une concentration plus claire.

4) Poser l'esprit " avec soin " : plus l'esprit est ferme, plus il est précisément concentré, plus on est enclin à méditer. Même si l'attention n'est pas encore parfaite, on arrive à ne plus perdre complètement le support de sa méditation, et on est libéré des formes les plus perturbantes de l'agitation mentale.

5) "Maîtriser l'esprit" : Lorsque la concentration parvient à se stabiliser, elle risque parfois de se transformer en une torpeur subtile. Dans ce cas, on ravive l'acuité et la clarté de la présence éveillée et on renouvelle l'inspiration et l'enthousiasme en considérant les bienfaits de la concentration parfaite ( Samadhi ).

6) "Pacifier l'esprit ": à force de raviver cette acuité, celle-ci peut engendrer une agitation mentale qui déstabilise la concentration et prend la forme d'une petite conversation discrète en arrière-plan de l'attention. le fait de considérer alors les écueils de l'agitation et de la distraction permet de calmer l'esprit et de le rendre clair et limpide, à l'image d'un son pur émis par un instrument de musique bien accordé.

7) "Pacifier complètement" l'esprit en ayant recours à l'attention soutenue et enthousiaste afin d'abandonner tout attachement aux expériences méditatives. Celles-ci peuvent revêtir plusieurs aspects tels que la félicité, la clarté ou l'absence de pensées discursives, et se traduire aussi par des mouvements spontanés d'allégresse ou de tristesse, de confiance inébranlable ou de peur, d'exaltation ou de découragement, de certitude ou de doute, de renoncement aux choses de ce monde ou de passion, de dévotion intense ou de vues négatives.

Toutes ces expériences peuvent survenir sans raison apparente. Elles sont le signe que des changements profonds se produisent dans notre esprit. Il faut se garder de s'identifier à ces expériences et ne pas leur accorder plus d'importance qu'aux paysages que l'on voit défiler par la fenêtre d'un train.
Grâce à l'attention parfaitement pacifiée, ces expériences s'évanouiront d'elles-mêmes sans troubler l'esprit, et celui-ci connaîtra alors une profonde paix intérieure.

8) " Garder l'attention concentrée en un point" : Après avoir éliminé la torpeur et l'agitation mentale, garder l'attention stable et claire sur un point pendant toute la séance de méditation. L'esprit est alors comme une lampe protégée du vent, dont la flamme stable et lumineuse, éclaire au maximum de ses capacités. Il suffit d'un effort minimal, au début de la séance de méditation pour établir l'esprit dans le flux de la concentration où il se maintient ensuite sans difficulté, demeurant dans son état naturel, libre de contraintes et de perturbations.

9) " Reposer dans un état de parfait équilibre " : Lorsque l'esprit est pleinement familiarisé avec la concentration sur un seul point, il demeure dans un état d'équanimité qui advient spontanément et se perpétue sans effort.

L'art De La Mediation. Matthieu Ricard

 

LA PRIÈRE ET LE PARDON

Le pardon offre des ailes à la prière, afin de rendre son ascension facile et son progrès rapide. Sans son support puissant, il serait vain d’essayer de s’élever au-dessus de la première marche de la prière ou même simplement de tenter de monter. Le pardon est l’allié de la prière ; sa sœur dans le plan pour votre salut. Les deux doivent se joindre à vous pour vous soutenir, sécuriser vos pas, affermir votre but et le rendre inaltérable. Voyez la plus grande aide que Dieu a permis qu’il vous soit donnée jusqu’à ce que vous L’atteigniez. L’illusion se terminera avec cela. Différent, de la nature éternelle de sa sœur la prière, le pardon, lui, a une fin, car il devient inutile lorsque vous vous êtes élevé. Pourtant, maintenant, le pardon a un but au-delà duquel vous ne pouvez, ni n’avez besoin d’aller. Accomplissez ceci et vous avez été racheté. Accomplissez ceci et vous avez été transformé. Accomplissez ceci et vous sauverez le monde.

Le Chant de la Prière UCEM 

 

"Dans la prière tu t'élèves sans appui sur rien de visible. À chacun de tes pas un ilot de fleurs prend naissance sous ton pied et crée ton chemin."

JMD Buclet  2017-2019

 

 

 

Buisson - Parabole  

La base des enseignements.

Vous êtes sur une route, vous cheminez avec des amis, tout est simple, il y a quelques obstacles mais tout se passe très bien, vous n’avez pas besoin de faire d’efforts car personne de vos amis, ni vous-même, n’a commencé le travail de dépouillement, de clarté, de vérité. Vous n’avez pas la conscience, donc tout est facile.

Vous cheminez donc un certain temps sur cette voie sans problème, puis devant vous, subitement, se trouve une grande haie, un grand buisson très large.Vous devez inévitablement, obligatoirement le traverser, car de l’autre côté de ce buisson très épais et relativement long se trouve la Lumière, celle que vous avez tellement recherchée.Vous vous dites : je ne peux pas passer au travers, j’en serai profondément meurtri, et d’où je me trouve je ne vois pas la Lumière !

Mais votre âme vous pousse à traverser ce buisson et, suivant ce que vous êtes, suivant le comportement de votre ego, vos résistances, la conscience de l’Amour que vous avez, la conscience de vous-même et de la vie que vous avez, le buisson peut être beaucoup plus long à traverser, beaucoup plus touffu. Donc, en désespoir de cause - vous n’avez pas d’autre solution - car un élève qui s’est fixé un but ne peut aller ailleurs, il faut aller vers ce but.

Courageusement, vous traversez, vous vivez une grande souffrance, vous vous révélez à vous-même, vous ne pouvez plus vous cacher ni à vous ni aux autres, tous les voiles vous sont enlevés. C’est le moment le plus pénible sur le chemin de l’élève vers sa réalisation, vers l’aboutissement, vers sa transformation profonde, vers la révélation de ce qu’il est.

Tout élève qui s’engage sur le chemin de la Sagesse et de l’Amour doit inévitablement passer par ce chemin difficile.Soyez très heureux, car si vous traversez ce chemin difficile, si vous ne vous reconnaissez pas, si vous avez parfois l’impression de régresser dans votre évolution, c’est que vous êtes sur la bonne voie, c’est que vous vous trouvez devant des difficultés que vous devez transcender. Vous n’avez plus le droit de rebrousser chemin et de vous dire : le chemin où je me trouvais était plus confortable, je n’avais aucune blessure, tout était tellement simple !

Il y a, dans la vie physique et matérielle, dans la vie affective et dans l’évolution de votre vie, des passages obligatoires. Vous trouvez aussi ces mêmes passages obligatoires sur le chemin de la Sagesse.Lorsque vous êtes dans ce passage d’épines, les difficultés s’aplanissent au-fur-et-à mesure que vous avancez, et la vision de votre âme et la vision de votre cœur se font avec une très grande limpidité. En traversant ce buisson d’épines, vous rencontrez à chaque instant Monsieur Ego qui est là pour vous donner envie de reculer, pour vous faire vous révolter en disant : Je n’ai pas mérité cela, ce n’est pas juste ; ou alors : Je ne suis bon(ne) à rien, je n’avance pas.

Ce que nous aimerions, c’est que chacun de vous ait une nouvelle conscience, s’apprécie, se reconnaisse. Peu importe ce que vous avez été, sachez simplement que vous deviendrez ce que vous êtes, vous serez révélé à vous-même, et les voiles tomberont les uns après les autres pour votre plus grand émerveillement. Chacun de vous, en ce moment, traverse ce buisson d’épines, mais il n’est pas vous, il vous agresse, il vous meurtrit, il n’est ni votre âme ni votre corps, il n’est qu’une image que vous projetez de vous-même. Méditez sur cela.

 

 

 

 

« …je perçois mon entendement comme objet, j’assiste comme du dehors à son fonctionnement et quelque chose m’avertit qu’il n’est qu’un instrument extérieur au moi. Il y a là une sorte de détachement de l’objet. La faculté de penser n’est plus un privilège dont il y a lieu d’être fier, c’est une chose tout à fait commune dont on peut et doit se libérer, car je perçois nettement à ce moment que jusqu’à cette heure j’en ai été le prisonnier. La conséquence est une soudaine aspiration à se placer au-dessus de l’esprit, à « être » en dehors de lui, à se perdre dans un domaine plus élevé et plus profond que la pensée. J’ai la curiosité de savoir ce qu’il se passera lorsque je me serai délivré de la tutelle accoutumée du cerveau et de la raison et m’efforce dans ce but de tenir mon attention éveillée et en alerte.

« Sensation étrange d’ailleurs que celle qui consiste à se placer à l’écart et à observer la fonction cérébrale comme un sujet d’expérience, d’assister à la naissance et à l’écoulement de la pensée, moins étrange cependant que celle qui consiste à se percevoir intuitivement comme arrivé à la porte du mystère qui donne accès aux trésors cachés de l’âme humaine. Je suis Christophe Colomb au moment d’aborder sur une terre inconnue. Cet espoir parfaitement conscient dirigé, cette anticipation est quelque chose de saisissant.

« Mais comment se libérer de l’antique tyrannie ? Jamais le Maharichi ne m’a conseillé de forcer le passage. « Remontez le cours de la pensée, m’a-t-il dit, jusqu’à sa source, guettez le moment où votre moi intime se révélera spontanément et vous verrez que la faculté de penser s’évanouira d’elle-même. » C’est bien ce qui se passe, j’ai le sentiment d’avoir trouvé le foyer de la pensée ; arrivé à ce point, je puis renoncer à l’effort et m’abandonner à une complète passivité tout en restant en éveil comme le fauve prêt à bondir sur sa proie.

« Je reste sur cette position jusqu’à ce que j’aie pu vérifier l’exactitude des prédictions du Sage. Les vagues de la pensée vont s’apaisant graduellement. Le travail de la faculté rationnelle tend vers zéro. C’est bien la plus étrange sensation que j’aie jamais ressentie. Le temps semble hésiter dans sa marche à mesure que la faculté intuitive enfonce plus profondément ses antennes dans un monde inexploré. L’apport des sens cesse d’être perçu, même comme souvenir. Je sens que je puis d’un moment à l’autre me trouver hors des choses, à la porte du mystère.

« Et ce moment arrive. La pensée rougeoie comme un feu qui s’éteint. L’entendement recule à la place qui lui revient, c’est-à-dire au point où la conscience cesse d’être interrompue dans son action par l’intervention de la pensée. Je reconnais la vérité des paroles du Maharichi relativement à l’origine transcendante de l’esprit. Le cerveau est en état de suspension comme dans un sommeil sans rêve, mais sans la moindre perte de conscience. Je suis parfaitement calme, absolument conscient de ce que je suis, de ce qui se passe en moi. Mais cette conscience du moi s’est affranchie des limites de la personnalité, elle se perd dans un infini sublime, embrassant toutes choses créées. Le moi existe toujours, mais d’une existence transfigurée, irradiante. Quelque chose d’infiniment plus élevé que l’insignifiante personnalité que je prenais jusque là pour mon moi, quelque chose qui participe du divin s’élève à la conscience et devient le moi. Et de ce quelque chose surgit le sens de la liberté, car la pensée est soumise à un mouvement de navette : se libérer de ce mécanisme équivaut à respirer l’air pur au sortir d’une prison.

« J’ai maintenant dépassé les limites de la conscience universelle. Le monde terrestre qui était tout pour moi jusqu’à ce jour a disparu. Je suis plongé dans un océan de lumière qui, je le sens plutôt que je ne le pense, est la substance originelle où sont puisés les mondes créés, la matière à l’état primitif, l’infini même, indicible, incréé, source inépuisable de vie.

« J’ai saisi en un éclair le sens du drame qui se joue dans l’espace infini ; il me ramène à la substance originelle, à la source de l’être. Ce moi, ce moi nouveau baigne au sein d’une inexprimable félicité. J’ai bu à la coupe du Léthé. Amertumes du passé, souci du lendemain, tout est oublié. C’est la liberté même dans sa divine essence. J’embrasse la création entière dans un élan de sympathie sans réserve ; c’est maintenant que je comprends pleinement que tout connaître n’est pas seulement tout pardonner mais aussi tout aimer. Mon âme est ravie en extase. »

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